Congé pour vente : règles, préavis et droits du locataire en 2026
Par Manuel RAVIER le 02 juin 2026Points clés
Le congé pour vente reste en 2026 un sujet central pour les propriétaires et locataires en France. Dans un contexte immobilier marqué par des tensions persistantes, les loyers ont progressé de 2,5 % sur un an en 2026. Par ailleurs, l'offre de logements à louer, bien qu’en hausse de 17 %, reste inférieure de 16 % à son niveau de 2021. Cette situation illustre le déséquilibre structurel entre demande et disponibilité, renforçant l’importance des règles encadrant la fin de bail pour vente.
En 2026, le propriétaire doit respecter un préavis de 6 mois avant l’échéance du bail et notifier le locataire. Cela consiste à envoyer une lettre recommandée à ce dernier ou à passer par l'acte d'un huissier. Dans tous les cas, la notification doit préciser le prix et les conditions de vente du logement. Le locataire bénéficie quant à lui d’un droit de préemption, lui permettant d’acheter le logement avant les autres.
Ces dispositions visent à protéger les parties dans un marché où la rareté des biens et la hausse des coûts pèsent sur les décisions. Pour naviguer sereinement dans ce cadre légal complexe, il est plus avisé de faire appel à une agence locative comme NousGérons. Cela vous offre l'opportunité d'anticiper les à suivre et de sécuriser chaque étape.
C'est quoi le congé pour vente et comment y répondre ?
Le congé pour vente est l'acte par lequel un bailleur informe son locataire qu'il ne renouvellera pas le bail à son échéance. Le document doit évoquer l'intention du propriétaire de vendre le logement libre de toute occupation. Soumis à un formalisme strict imposé par la loi du 6 juillet 1989, il exige un préavis de 6 mois en location vide avec un droit de préemption pour le locataire.
Notez que la validité du préavis peut baisser à 3 mois en location meublée. La moindre erreur de procédure expose le propriétaire à la nullité immédiate du congé. Il est même possible que vous vous retrouviez avec une reconduction automatique du contrat pour trois ans. Pour le bailleur comme pour le locataire, les enjeux sont considérables.
D'un côté, un investisseur souhaitant arbitrer son patrimoine immobilier doit respecter une procédure millimétrée. Dans le cas contraire, il risque de voir ses projets repoussés de plusieurs années. De l'autre, un occupant dont le logement est mis en vente doit connaître ses droits pour ne pas quitter précipitamment. Cela vous évitera de perdre l'opportunité d'achat prioritaire à un prix avantageux.
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Location vide vs meublée : les délais de préavis en 2026
La nature du bail conditionne entièrement les règles applicables. La distinction entre location vide et meublée n'est pas qu'une subtilité juridique. Elle détermine le délai de préavis, l'existence ou non d'un droit de préemption et la chronologie des obligations du propriétaire.
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Caractéristique |
Location vide (résidence principale) |
Location meublée |
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Délai de préavis minimal |
6 mois avant l'échéance du bail |
3 mois avant l'échéance du bail |
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Droit de préemption |
✔ Oui, le locataire est prioritaire à l'achat |
✘ Non (sauf clause spécifique au bail) |
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Durée de validité de l'offre |
Les 2 premiers mois du préavis |
N/A |
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Prolongation si recours à un prêt |
Portée à 4 mois (délai d'obtention du crédit) |
N/A |
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Durée standard du bail |
3 ans (personne physique), 6 ans (personne morale) |
1 an (9 mois si étudiant) |
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Risque de reconduction tacite |
3 ans supplémentaires si congé nul |
1 an supplémentaire si congé nul |
Sources : Loi nᵒ 89-462 du 6 juillet 1989, art. 15 et 25-8 ; ANIL
✅️ Point de vigilance
Si le bailleur a acquis le logement occupé après 2024 et que l'échéance du bail intervient moins de trois ans après la date d'acquisition. Il doit attendre la fin de la première reconduction tacite avant de donner congé. Cette règle de l'article 15 de la loi de 1989 piège de nombreux investisseurs qui achètent occupé sans anticiper le délai de blocage.

La procédure légale : comment donner congé sans risquer l'annulation ?
Le congé pour vente est un acte solennel où chaque étape de sa délivrance conditionne sa validité. Un oubli, même mineur, peut suffire à provoquer la nullité totale du congé. Prenez ainsi le temps de vous informer pour sécuriser votre démarche.
Vérifier la date d'échéance du bail
Le congé ne peut produire effet qu'à la date d'échéance du bail en cours ou de sa reconduction. Identifiez précisément cette date dans votre contrat de location, puis calculez à rebours le délai légal de préavis. C'est la date limite d'envoi et non de réception que vous devez cibler en priorité, en intégrant le risque de retard postal.
Rédiger la lettre de congé avec les mentions obligatoires
La lettre de congé pour vente doit obligatoirement contenir :
- Le motif de la lettre (vente)
- La description précise du logement et de ses annexes (parking, cave, grenier)
- Le prix et les conditions de la vente
- La reproduction intégrale des cinq premiers alinéas de l'article 15-II de la loi du 6 juillet 1989
L'omission de cette notice d'information officielle entraîne la nullité immédiate du congé, sans possibilité de régularisation a posteriori. N'utilisez pas un modèle générique non mis à jour. Les plafonds et références légaux évoluent généralement chaque année.
Notifier l'ensemble des locataires et cotitulaires du bail
La notification doit être adressée individuellement à chaque signataire du bail. Lorsque les locataires sont mariés ou pacsés, la lettre doit parvenir aux deux conjoints. Cela est valable même si un seul a signé le contrat initial. Cette obligation découle de la protection du logement familial et constitue l'un des premiers motifs d'annulation invoqués devant les tribunaux. Une seule lettre adressée à "M. et Mme" ne suffit pas, mais deux courriers distincts sont nécessaires.
Choisir le bon mode d'envoi et acter la réception
La loi autorise deux modes de notification, à commencer par la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Sinon, vous pouvez aussi opter pour la signification par commissaire de justice (ex-huissier). Le délai de préavis court à compter du jour de la réception effective ou de la présentation, si le locataire ne retire pas son courrier. Privilégiez le commissaire de justice si la date limite est à moins de trois semaines. Effectivement, la LRAR présente un risque structurel si le locataire est absent ou refuse de signer.
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Focus locataire : quelles sont vos protections face à un congé ?
Recevoir un congé pour vente peut être source d'anxiété, mais la loi confère au locataire des protections substantielles. Ces protections peuvent soit vous permettre de devenir acquéreur de votre propre logement. Sinon, vous aurez un délai suffisant pour vous reloger sereinement.
Le droit de préemption : comment l'activer ?
En location vide, le locataire bénéficie d'un droit de préemption. Il est alors le premier à recevoir l'offre de vente et dispose d'un délai de deux mois pour l'accepter. Ce délai peut être porté à quatre mois s'il doit recourir à un prêt immobilier. Ce droit confère au locataire une priorité absolue sur tout autre acquéreur potentiel.
Toutefois, beaucoup ignorent qu'il existe un second droit de préemption. Si le bailleur vend finalement à un prix inférieur à celui notifié dans le congé, ou à des conditions plus avantageuses. Le notaire est légalement obligé de réinterroger le locataire, qui dispose alors d'un mois pour se repositionner. Ce mécanisme protège le locataire contre une stratégie délibérée de surévaluation initiale visant à l'écarter de l'achat.
✅️ Conseil pratique pour le locataire
Notez immédiatement la date de réception du congé de vente. Vous pouvez opter pour le tampon de la poste ou une attestation par un commissaire de justice. Si vous souhaitez exercer votre droit de préemption, informez le propriétaire par LRAR dans les deux premiers mois.
Le statut du locataire protégé en 2026
La loi accorde une protection renforcée à certains locataires dont la situation personnelle justifie un accompagnement obligatoire au relogement. Notez que les personnes qui réunissent les critères cumulatifs suivants peuvent être qualifiées comme locataires protégés :
- Avoir plus de 65 ans à la date d'échéance du bail (ou héberger à sa charge une personne de plus de 65 ans)
- Disposer de ressources annuelles inférieures aux plafonds de logement social PLUS en vigueur en 2026
- Occuper le logement à titre de résidence principale
Lorsque ces conditions sont réunies, le bailleur ne peut donner congé qu'à une condition stricte. Il doit proposer une offre de relogement adaptée aux besoins et aux ressources du locataire, dans le même secteur géographique. Le congé est nul de plein droit sans cette offre.
✋️ Exception légale en faveur du bailleur
Le bailleur est dispensé de l'obligation de relogement s'il a lui-même plus de 65 ans à la date d'envoi du congé. Cela est aussi valable si ses ressources sont inférieures aux mêmes plafonds légaux. Cette symétrie des protections est rarement connue des propriétaires concernés.
Contester un congé pour vente frauduleux
Un congé est réputé frauduleux lorsque la vente n'est pas effective dans un délai raisonnable après le départ du locataire. Cela est aussi le cas où le bailleur remet le logement en location sans l'avoir vendu. Dans ce cas, le locataire évincé peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir des dommages et intérêts. Il pourrait même obtenir une réintégration dans les lieux. La charge de la preuve pèse sur le locataire, mais les tribunaux se montrent de plus en plus rigoureux dans l'appréciation du motif allégué.
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Jurisprudence 2026 : l'arrêt qui change la donne
🏛 Cour de cassation : arrêt du 16 avril 2026 nᵒ 24-13.191
Le décès du bénéficiaire d'un congé avant la fin du préavis prive ce congé de tout effet. Les conditions de la reprise ou de la vente doivent être appréciées par le bénéficiaire désigné dans l'acte de congé. Si ce dernier décède avant l'expiration du délai de préavis, l'héritier ne peut pas reprendre le congé à son compte. Le bail se poursuit comme si le congé n'avait jamais existé. Cet arrêt, publié au Bulletin, constitue un revirement de jurisprudence majeur aux implications patrimoniales et successorales significatives.
En pratique, cet arrêt rappelle que le congé pour vente est un acte éminemment personnel. Il est même intimement lié à l'intention du bailleur au moment de sa délivrance. Il incite les gestionnaires de patrimoine et les praticiens à anticiper les risques liés à la validité du préavis. Cela est notamment le cas des propriétaires âgés ou en mauvaise santé. Cette décision confirme l'importance d'une gestion rigoureuse et professionnelle du processus de congé.
L'alternative méconnue : vendre son bien "occupé"
Face à la complexité des formalités du congé pour vente et au risque de voir son bail se prolonger de trois ans. De nombreux propriétaires ignorent qu'il existe la vente occupée. Elle consiste à céder le bien avec le locataire en place, sans mettre fin au contrat de location. Cette stratégie présente des avantages concrets et souvent sous-estimés. Elle élimine la période de vacance locative et le bailleur continue de percevoir ses loyers jusqu'au jour de la cession. Elle supprime le formalisme du congé, dont la lettre recommandée, le délai à respecter et le risque de nullité. Elle évite également les tensions avec un locataire qui se sentirait menacé d'expulsion.
Du côté de l'acquéreur, un logement occupé séduit précisément les profils d'investisseurs locatifs pour les raisons suivantes :
- La rentabilité est immédiate
- Le locataire en place offre une visibilité sur les revenus
- La décote appliquée sur le prix rend l'opération attractive dans un marché immobilier tendu
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Maîtriser le congé pour vente permet de sécuriser votre patrimoine
Le congé pour vente est l'un des actes juridiques les plus techniques de la gestion locative. Sa validité repose sur un enchaînement précis d'obligations formelles (délais, notifications, mentions obligatoires dans la lettre). La moindre défaillance peut conduire à la nullité et au renouvellement automatique du bail.
Pour le bailleur, anticiper est la seule stratégie fiable avec la planification du congé 8 à 9 mois avant l'échéance. Notez aussi la vérification du profil de votre locataire (âge, ressources, statut protégé). Prenez en même temps note de la signification par commissaire de justice dès que les délais sont serrés.
Pour le locataire, comprendre ses droits de préemption et les critères de protection peut faire la différence. Effectivement, il faut savoir différencier une expulsion contrainte et une opportunité d'achat à prix préférentiel. Enfin, la vente occupée reste une alternative souvent plus simple et plus rentable pour les investisseurs.
FAQ : vos questions sur le congé pour vente
Peut-on donner un congé pour vente par e-mail ou SMS en 2026 ?
Absolument pas. L'email, le SMS ou la simple lettre non recommandée n'ont aucune valeur juridique au regard de la loi du 6 juillet 1989. Un congé transmis par ces moyens serait frappé de nullité absolue. Seule la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou la signification par commissaire de justice sont des modes de notification légalement valides.
Que se passe-t-il si le logement n'est finalement pas vendu après le congé ?
Il est possible que le bailleur ne vende pas le logement dans un délai raisonnable ou décide de le remettre en location sans passer par la vente. Dans ce cas, le locataire évincé peut engager une action en dommages et intérêts pour congé frauduleux. Les tribunaux apprécient souverainement le caractère sincère du motif au regard de la situation effective du logement.
Le locataire peut-il refuser de quitter les lieux après la fin du préavis ?
Un locataire qui se maintient dans les lieux après la fin du préavis sans accord du propriétaire devient occupant sans titre. Le bailleur peut alors engager une procédure judiciaire d'expulsion. Toutefois, si le locataire conteste la validité du congé, il peut saisir le tribunal judiciaire avant la fin du préavis. Dans l'attente d'une décision, il conserve le droit de rester dans le logement.
Est-il possible de donner un congé pour vente en cours de bail ?
Non. Le congé pour vente ne peut être délivré qu'à l'échéance du bail ou de l'une de ses reconductions. Il est impossible de mettre fin au contrat de location en cours de bail pour ce motif. En revanche, une résiliation amiable reste toujours possible si le locataire y consent. Certains propriétaires proposent une indemnité de départ pour obtenir ce consentement.