Décompte de charge locataire : guide et obligations du propriétaire
Par Mickaël ZONTA le 18 avril 2026Points clés
Le décompte de charge du locataire est la photographie financière par an de votre investissement locatif. Il s'agit de l'ajustement annuel entre les provisions sur charges versées mensuellement par le locataire et les vraies dépenses du bailleur. Si les provisions excèdent les débours, vous remboursez le trop-perçu. Dans le cas inverse, vous émettez un rappel de charges. En 2026, cette obligation dépasse la simple formalité administrative.
Avec la hausse continue des coûts de l'énergie et les nouvelles exigences issues de la loi Climat. La précision du décompte est devenue un enjeu stratégique pour tout propriétaire-investisseur. Une opération inexacte expose le bailleur au litige avec son locataire. Un décompte transparent, à l'inverse, fidélise votre locataire et sécurise votre rentabilité. Par ailleurs, vous pouvez engager une agence locative comme NousGérons, qui saura vous accompagner pour la réalisation du décompte.
Comprendre le mécanisme de régularisation des charges
Il faut prendre note de certains points concernant le mécanisme pour mieux anticiper le décompte de charge locataire. Cela vous évitera de mauvaises surprises pendant la période de location de votre appartement.
Charges réelles vs forfait : quelle option choisir pour votre investissement ?
Avant d'envoyer le moindre décompte, vous devez avoir fait un choix fondamental lors de la rédaction de votre bail. Il faut choisir entre un régime de charges réelles ou un forfait de charges.
|
Critère |
Charges réelles (régularisation annuelle) |
Forfait de charges |
|
Type de logement concerné |
Locations nues (obligatoire) |
Locations meublées (possible) |
|
Principe |
Provisions mensuelles + régularisation annuelle basée sur les dépenses réelles |
Montant fixe, non révisable sauf accord, sans justificatifs |
|
Avantage pour le bailleur |
Récupération exacte des dépenses réelles, même en hausse |
Simplicité administrative totale |
|
Inconvénient pour le bailleur |
Obligation de justificatifs, gestion plus complexe |
Risque de sous-compensation si les coûts augmentent |
|
Avantage pour le locataire |
Transparence totale, remboursement possible |
Prévisibilité budgétaire |
|
Obligation de décompte |
Oui, annuelle et obligatoire |
Non |
Sources : Loi nᵒ 89-462 du 6 juillet 1989 (art. 23); Décret nᵒ 87-713 du 26 août 1987; Légifrance
✋️ L'avis de NousGérons : pour les locations nues, le régime des charges réelles est la seule option légale. Pour un meublé, le forfait séduit par sa simplicité. Mais attention, si vos charges en eau, d'entretien ou de chauffage dépassent le montant, c'est votre marge qui absorbe la différence. En 2026, dans un contexte de hausse des charges énergétiques, NousGérons recommande une analyse fine avant de fixer le tarif du forfait.
Une question ? Besoin de conseils ?
Notre équipe d'experts en gestion locative est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions.
La liste des charges récupérables selon le décret de 1987
Toutes vos charges ne sont pas récupérables auprès de votre locataire. Seules les charges listées par le décret nᵒ 87-713 du 26 août 1987 (modifié par le dispositif ALUR en 2014) sont opposables au locataire. Ce texte de référence définit précisément les postes éligibles à la récupération. Voici les grandes catégories de charges récupérables dans une copropriété :
|
Catégorie |
Exemples de postes récupérables |
|
Eau |
Eau froide, eau chaude collective, abonnement au compteur |
|
Chauffage collectif |
Combustible, entretien de la chaudière, individualisation des frais |
|
Ascenseur |
Électricité, contrat d'entretien, petites réparations |
|
Parties communes |
Électricité, produits d'entretien, rémunération du gardien (à 75 %) |
|
Espaces verts |
Entretien des allées, taille, arrosage |
|
Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) |
Intégralité de la TEOM et de la taxe de balayage |
Sources : Décret n° 87-713 du 26 août 1987 relatif aux charges récupérables; Légifrance ; Dispositif ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014
👉️ Ce qui n'est pas récupérable : les grosses réparations et les honoraires de syndic liés à la gérance de la copropriété. Notez aussi les frais d'assurance de l'immeuble et les diagnostics obligatoires.
En 2026, l'individualisation des frais de chauffage est obligatoire dans les immeubles de plus de 50 logements dotés d'un chauffage collectif. Les compteurs intelligents (IoT) se généralisent et la répartition des coûts de chauffage par logement est de plus en plus précise. Pour votre décompte, veillez à bien vous appuyer sur les données transmises par le syndic.

Calendrier et procédure : quand et comment envoyer le décompte ?
Les envois des décomptes auprès des locataires ne se font pas au hasard. Prenez note des points essentiels à agir de manière légale pendant la période de location.
Le délai légal pour régulariser en 2026
La législation est claire, la régularisation des charges locatives doit intervenir une fois par an. Dans les faits, ce calendrier dépend directement de celui de votre copropriété. Voici le déroulé type pour un propriétaire en copropriété :
- Clôture de l'exercice comptable de la copropriété : l'assemblée générale approuve les comptes (généralement entre mars et juin de l'année N+1 pour l'exercice N).
- Réception du décompte de charges du syndic : le bailleur reçoit sa quote-part des charges communes.
- Calcul de la part locataire : le propriétaire isole les charges récupérables et calcule la quote-part imputable au locataire. L'opération dépend de la surface ou la quote-part.
- Envoi du décompte au locataire : dans le mois qui suit la réception des comptes du syndic.
- Régularisation effective : le locataire règle le solde débiteur ou le bailleur rembourse le trop-perçu.
Source : Article 23 de la loi nᵒ 89-462 du 6 juillet 1989; Légifrance
✋️ Point de vigilance 2026 : certains bailleurs sont tentés de retarder la régularisation, notamment quand le solde serait débiteur pour eux. Attention, le locataire peut demander rétroactivement les régularisations non effectuées. La prescription est de 3 ans pour les dettes locatives.
Les pièces justificatives obligatoires à tenir à disposition pendant 6 mois
Vous n'êtes pas tenu d'envoyer toutes les preuves d'office. Par contre, vous devez les tenir à disposition de votre locataire pendant 6 mois. Cela se fait généralement à compter de l'envoi du décompte. Il est aussi important de vérifier certains documents comme les charges du syndic. Ceux-ci sont les bases de l'opération pour un logement en copropriété. Viennent ensuite les factures d'eau individuelles ou collectives avec clé de répartition.
N'oubliez pas la clause d'entretien (chaudière, ascenseur, espaces verts) et les factures correspondantes. À cela s'ajoute l'avis de d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) émis par la mairie ou la communauté de communes. Sinon, vous devez prendre en compte le relevé des consommations individuelles (si compteurs divisionnaires eau, chauffage).
Obtenez votre devis personnalisé
Découvrez nos tarifs de gestion locative adaptés à votre bien immobilier. Réponse sous 24h.
Cas concret 2026 : le décompte de charges : exemple détaillé
Prenez l'exemple de Marc, propriétaire d'un appartement T3 de 65 m² dans une copropriété parisienne de 20 lots. Son locataire, Thomas, verse chaque mois 120 € de provisions sur charges. Sur l'année, cela représente 1 440 € de provisions versées.
Les charges de l'immeuble pour l'année N :
|
Poste de dépense |
Total immeuble |
Quote-part de Marc (6,5 %) |
Récupérable sur locataire |
|
Eau froide et eau chaude |
8 200 € |
533 € |
Oui à 100 % |
|
Chauffage collectif (fioul + entretien) |
14 500 € |
943 € |
Oui à 100 % |
|
Entretien ascenseur |
2 400 € |
156 € |
Oui à 100 % |
|
Électricité parties communes |
1 800 € |
117 € |
Oui à 100 % |
|
Entretien espaces verts |
1 200 € |
78 € |
Oui à 100 % |
|
Rémunération gardien |
12 000 € |
780 € |
Oui à 75 % soit 585 € |
|
Honoraires syndic (gestion) |
3 600 € |
234 € |
Non |
|
Assurance immeuble |
4 800 € |
312 € |
Non |
|
Ravalement de façade (gros travaux) |
18 000 € |
1 170 € |
Non |
|
Total charges récupérables |
2 412 € |
Sources : Décret n° 87-713 du 26 août 1987; UNIS 2024
Opération sur le décompte :
|
Élément |
Montant |
|
Charges réelles récupérables |
2 412 € |
|
Provisions sur charges versées par Thomas |
1 440 € |
|
Solde à réclamer au locataire |
+ 972 € |
Marc doit donc demander 972 euros à son locataire Thomas au titre de la régularisation chaque année. Ce montant peut être étalé ou faire l'objet d'une révision à la hausse des provisions mensuelles pour l'année suivante.
Ce cas illustre parfaitement le risque de sous-provisionner. Avec la hausse des coûts du chauffage et de l'eau en 2024-2025, de nombreux propriétaires se retrouvent avec des régularisations importantes à demander. Cela peut fragiliser la relation avec le locataire. Anticiper devient alors la meilleure stratégie.
Estimez le loyer de votre bien
Utilisez notre outil gratuit pour estimer le loyer optimal de votre bien immobilier en quelques clics.

Litiges et contestations : comment sécuriser votre activité ?
Un investissement locatif ne se limite pas à recevoir un loyer chaque mois. Il faudrait aussi insister sur certains points pour sécuriser votre gestion de location.
Que faire en cas de solde débiteur important pour le locataire ?
Un rappel de charges élevé comme dans l'exemple de Marc ci-dessus peut être source de tension. Voici les bonnes pratiques pour sécuriser la situation :
- Anticipez avec une communication préalable : avertissez votre locataire par écrit si vous savez dès le mois de novembre que les charges seront supérieures aux provisions. Une mauvaise surprise en juin est beaucoup plus difficile à gérer qu'une annonce anticipée.
- Proposez un échelonnement : la législation ne l'impose pas, mais rien ne vous l'interdit. Un étalement sur 3 à 6 mois évite un impayé et préserve la relation locative.
- Justifiez systématiquement : le locataire peut exiger la communication de l'ensemble des pièces justificatives dans le délai de 6 mois. Tenez un dossier complet et organisé pour chaque exercice.
- Révisez les provisions à la hausse : après chaque régularisation, ajustez le montant des provisions pour l'exercice suivant. C'est une obligation légale souvent négligée.
Sanctions en cas d'absence de régularisation tous les ans
Ne pas procéder à la régularisation des charges chaque année n'est pas anodin. Pour le locataire, il peut saisir la Commission départementale de conciliation (CDC) ou le tribunal judiciaire.
L'objectif est d'obtenir le remboursement des trop-perçus sur provisions. La prescription est de 3 ans. Pour le bailleur, il est impossible d'exiger les rappels de charges au-delà de 3 ans en l'absence de régularisation. Vous perdez le droit à un tarif potentiellement significatif de dépenses réelles engagées.
En cas de départ du locataire, vous avez un délai pour effectuer la régularisation après le départ. Par contre, vous ne pouvez pas bloquer le remboursement du dépôt de garantie au-delà de 2 mois. Cette durée est de 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme. Si la régularisation n'est pas encore disponible, provisionnez un montant raisonnable et régularisez dès que vous avez les comptes définitifs du syndic.
Sources : Dispositif nᵒ 89-462 du 6 juillet 1989, art. 23; Dispositif ALUR (art. 22 sur le dépôt de garantie); Légifrance
👌 L'encadré expert NousGérons : la transparence du décompte est le meilleur levier de fidélisation de votre locataire. Un locataire est un client qui reste s'il comprend d'où viennent ses charges. Cela est aussi valable s'il reçoit ses preuves rapidement et s'il constate que son propriétaire est transparent. Le taux de rotation est l'un des premiers destructeurs de rentabilité dans l'investissement locatif.
Pourquoi confier votre décompte de charges à NousGérons ?
Le décompte de charges locatives est l'une des tâches les plus chronophages. Il est aussi fortement exposé aux erreurs dans la gérance d'un patrimoine immobilier. Cette opération exige une connaissance précise du décret de 1987. À cela s'ajoutent une rigueur comptable sans faille et une organisation documentaire exemplaire.
Avec une agence comme NousGérons, vous aurez droit à une opération automatisée et conforme. La plateforme du prestataire intègre les règles du décret de 1987 et les actualise en temps réel selon les évolutions législatives. Chaque décompte est généré avec la bonne clé de répartition, les catégories de charges récupérables et les montants.
Vous avez aussi droit à une interface locataire dédiée conforme aux obligations légales de transparence. Chaque locataire dispose d'un espace client sécurisé où il peut consulter ses preuves de débours à tout moment. Notez en outre l'importance de la gérance des régularisations après départ. L'agence assure le suivi même après la fin du bail et coordonne avec le syndic de copropriété. L’objectif est d’obtenir les comptes dans les meilleurs délais.
Par ailleurs, l'équipe calcule automatiquement le nouveau tarif des provisions recommandé après chaque régularisation. Cela permet d'éviter les écarts importants avant de lancer l'exercice suivant. Notez aussi que votre agence assure une conformité juridique totale. Cela implique un suivi en permanence de l'évolution de la législation pour que votre gestion locative reste irréprochable.
Confiez votre bien à nos experts
Gestion complète, sérénité garantie. Découvrez nos services de gestion locative professionnelle.
L'essentiel sur le décompte de charge locataire
Le décompte de charges locatives n'est pas une contrainte administrative parmi d'autres. C'est le reflet direct de la qualité de la gérance et de la confiance que vous accordez à votre locataire. En 2026, entre la hausse des coûts énergétiques, la généralisation des compteurs intelligents en copropriété et le durcissement des obligations légales. Les propriétaires qui maîtrisent ce mécanisme prennent une avance décisive sur leurs concurrents.
Notez que la régularisation chaque année est obligatoire pour toute location nue. La négliger vous expose à des litiges coûteux. Par ailleurs, seules les charges listées dans le décret de 1987 sont récupérables. Sinon, un décompte transparent et documenté permet de fidéliser votre locataire et d'assurer une meilleure rentabilité. Dans tous les cas, une agence comme NousGérons saura automatiser la gestion de votre location. Vous allez même récupérer votre temps et sécuriser votre patrimoine.
FAQ : vos questions sur le décompte de charge locataire
Peut-on régulariser les charges sur 3 ans en arrière ?
Oui, dans la limite de la prescription légale de 3 ans. Si vous avez omis de régulariser lors des années précédentes, vous pouvez encore réclamer le solde dû. Mais, vous pourrez aussi vous retrouver à rembourser les trop-perçus dans certains cas. Au-delà, la créance est prescrite. C'est une raison supplémentaire de ne jamais retarder la régularisation tous les ans.
La taxe de balayage est-elle récupérable auprès du locataire ?
Oui. La taxe de balayage figure bien dans la liste des charges récupérables au titre du décret de 1987. Notez que celle-ci est distincte de la TEOM mais liée à l'enlèvement des ordures ménagères. Elle peut être répercutée intégralement sur le locataire, au prorata de sa période d'occupation dans l'année.
Que se passe-t-il si le locataire conteste le décompte de charges ?
Le locataire a le droit de demander l'ensemble des pièces justificatives dans les 6 mois suivant l'envoi du décompte. Si le désaccord persiste, il peut saisir la Commission départementale de conciliation (CDC) avant toute action judiciaire. En cas d'échec de la conciliation, le tribunal judiciaire statue. La meilleure prévention est de faire un décompte clair, justifié et envoyé dans les délais.
Comment régulariser les charges après le départ du locataire ?
La régularisation après départ suit les mêmes règles que pendant le bail. Vous avez la possibilité de déduire une provision pour régularisation sur le dépôt de garantie. Cela se fait dans la limite de 20 % du dépôt et en attendant les comptes définitifs du syndic. Une fois les comptes disponibles, vous devez procéder à la régularisation définitive et restituer le solde ou exiger le complément.