Encadrement des loyers : le guide du propriétaire
Par Manuel RAVIER le 26 mars 2026Points clés
- Quelles villes sont concernées par l'encadrement en 2026 ?
- Comment calculer le loyer légal d'un logement ?
- Le complément de loyer en 2026 : les nouvelles règles de justification
- Sanctions et risques : ce que le propriétaire doit absolument éviter
- L'impact du DPE 2026 sur votre loyer : une donnée incontournable
L'encadrement des loyers s'applique dans plus de 70 communes françaises classées en zone tendue. Le principe est que votre loyer de base ne peut pas dépasser le montant de référence majoré (+20 %) fixé chaque année par arrêté préfectoral. Un complément de loyer est possible pour des caractéristiques véritablement exceptionnelles mais les règles de justification ont été durcies. Le non-respect du dispositif expose à des amendes allant jusqu'à 5 000 € pour un particulier, 15 000 € pour une société.
Ainsi, un investissement locatif en France reste une stratégie patrimoniale solide à condition de maîtriser le cadre réglementaire. En 2026, ce cadre évolue significativement. La loi ÉLAN touche à la fin de sa phase expérimentale. De nouvelles métropoles rejoignent le dispositif d'encadrement des loyers.
De plus, les propriétaires bailleurs font face à des obligations renforcées en matière de transparence et de conformité. Par ailleurs, il est possible d'éviter les mauvaises surprises en vous fiant à une agence de gestion locative comme NousGérons. Vous profiterez d'une vision claire et actionnable des règles applicables avant de mettre en location votre logement.
Quelles villes sont concernées par l'encadrement en 2026 ?
L'encadrement des loyers ne s'applique pas uniformément sur tout le territoire français. Il concerne uniquement les communes volontaires situées en zone tendue où la demande locative dépasse structurellement l'offre disponible. En France, le périmètre du dispositif s'est élargi de façon notable, pour ne citer que Paris.
Les métropoles historiques (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier)
Paris reste la ville pionnière du dispositif. Depuis 2019, tous les logements sont soumis à un plafond de loyer défini par zone géographique et type de logement. Notez aussi la période de construction ainsi que le nombre de pièces. Le loyer de référence majoré à Paris varie actuellement entre 16 €/m² (grand logement ancien) et 38 €/m² (petit meublé récent). La variation du montant dépend du quartier et des caractéristiques du logement.
Lille, Hellemmes et Lomme appliquent également le dispositif depuis 2020. Lyon et Villeurbanne ont rejoint le dispositif en 2021, suivies de Bordeaux et Montpellier en 2022. Dans ces métropoles, le montant du loyer de référence est fixé annuellement par arrêté préfectoral. L'opération intègre généralement la revalorisation de l'Indice de Référence des Loyers (IRL).
Les nouvelles entrées : Marseille, Cergy et le Grand-Orly Seine Bièvre
Marseille, longtemps absente du dispositif, intègre désormais l'encadrement des loyers. Cela implique la revue de l'ensemble des baux conclus ou les renouvellements à partir de la date d'entrée en vigueur de l'arrêté préfectoral local. Même chose pour Cergy et les communes du Grand-Orly Seine Bièvre, dont les seuils de référence seront publiés par les préfectures concernées.
⚠️ Un bail signé avant l'entrée en vigueur du dispositif reste soumis aux conditions initiales jusqu'à la procédure de renouvellement. C'est au moment de la signature d'un nouveau bail ou du renouvellement que les nouvelles règles s'appliquent pleinement.
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Focus sur le Pays Basque et Grenoble-Alpes Métropole
La communauté d'agglomération Pays Basque a été l'une des premières intercommunalités à se lancer dans l'expérimentation. Elle a été rejointe par Grenoble-Alpes Métropole, dont les arrêtés préfectoraux couvrent désormais un large périmètre urbain. Ces deux zones voient leurs référentiels de loyers actualisés via l'IRL du deuxième trimestre 2025, publié par l'INSEE.
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Ville / Métropole |
Date d'entrée en vigueur |
Loyer de référence moyen (€/m²) |
Meublé concerné ? |
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Paris |
Juillet 2019 |
26 à 38 €/m² |
✓ Oui |
|
Lille / Hellemmes / Lomme |
Mars 2020 |
13 à 22 €/m² |
✓ Oui |
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Lyon / Villeurbanne |
Novembre 2021 |
14 à 24 €/m² |
✓ Oui |
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Bordeaux |
Juillet 2022 |
13 à 19 €/m² |
✓ Oui |
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Montpellier |
Juillet 2022 |
13 à 18 €/m² |
✓ Oui |
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Pays Basque |
Juin 2022 |
12 à 18 €/m² |
✓ Oui |
|
Grenoble-Alpes Métropole |
Mars 2023 |
11 à 17 €/m² |
✓ Oui |
|
Marseille |
2026 (nouveau) |
En cours de publication |
✓ Oui |
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Cergy / Grand-Orly |
2026 (nouveau) |
En cours de publication |
✓ Oui |
Sources : Ministère du Logement, arrêtés préfectoraux 2024-2026, DRIHL Île-de-France

Comment calculer le loyer légal d'un logement ?
L'encadrement des loyers repose sur un mécanisme structuré. Tout propriétaire qui souhaite fixer ou revoir son loyer doit respecter des étapes précises. Cela est valable que ce soit pour une nouvelle location ou une procédure de renouvellement de bail.
Identifier la zone et les caractéristiques du logement
Le loyer de référence dépend de quatre critères : le type de location (meublé ou nu), le nombre de pièces, l'année de construction du bâtiment et la localisation précise du logement dans la métropole. À Paris, par exemple, la ville est découpée en 80 quartiers regroupés en 14 secteurs géographiques.
Consulter le simulateur officiel de votre préfecture
Chaque préfecture publie un simulateur en ligne permettant d'obtenir instantanément le loyer de référence. À cela s'ajoutent le loyer de référence majoré (+20 %) et le loyer de référence minoré (-30 %). Ces données servent de plafond légal lors de la signature ou de la procédure de renouvellement de tout contrat de location. À Lyon, le simulateur est disponible sur le site de la Métropole de Lyon ; à Paris, via la DRIHL.
Appliquer l'IRL 2026 pour les baux en cours
Pour les baux conclus ou renouvelés dans une zone soumise à l'encadrement, la révision annuelle du loyer ne peut excéder la variation de l'IRL. Le taux pour un T2 en 2025 est par exemple de 1.69 % avec une base de référence pour la majorité des révisions. Cela signifie qu'un propriétaire dont le bail prévoit une clause de révision peut augmenter le loyer dans cette limite.
💡 Le loyer de référence majoré correspond au plafond absolu. Mais attention, si le loyer pratiqué lors du précédent bail était inférieur à ce plafond. Vous ne pouvez pas automatiquement augmenter jusqu'au plafond. La règle de fixation du loyer entre deux locataires en zone tendue impose de maintenir le loyer au niveau précédent.
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Le complément de loyer en 2026 : les nouvelles règles de justification
Le complément de loyer est la soupape légale du dispositif. Il permet à un propriétaire de dépasser le loyer de référence majoré. Il faut pour cela que le logement présente des caractéristiques de confort ou de localisation exceptionnelles.
Caractéristiques acceptées vs refusées
Le complément de loyer prend en compte les quelques situations suivantes :
- Vue panoramique exceptionnelle (mer, monument classé)
- Terrasse ou toit-terrasse privatif de grande superficie
- Hauteur sous plafond > 3,30 m (hors normes du secteur)
- Emplacement exclusif (dernier étage, penthouse)
- Jardin privatif en milieu urbain dense
- Prestations de luxe documentées (domotique haut de gamme, etc.)
Par ailleurs, une cuisine équipée standard n'implique pas un complément de loyer. Cela est aussi valable pour le calme du logement ou de la rue tout comme la luminosité habituelle. Il ne faut pas ignorer la présence d'un parking ou d'une cave loués séparément. Par ailleurs, le double vitrage ou l'isolation phonique standard ne sont pas pris en compte. Cela est aussi valable pour la localisation appréciable sans un caractère exceptionnel.
L'obligation d'affichage du motif dès l'annonce immobilière
Depuis 2022 et confirmé en 2026, toute annonce de location dans une zone soumise à l'encadrement doit mentionner. Notez ainsi le loyer de base, le montant du complément de loyer et le motif précis justifiant ce complément. Ce motif doit figurer dans l'annonce immobilière et dans le contrat de bail. L'omission de ce motif constitue une irrégularité pouvant être invoquée par le locataire pour contester le complément. Ce dernier peut saisir la Commission Départementale de Conciliation (CDC) pour faire correctement les choses.
🚫 Un propriétaire qui applique un complément de loyer sans motif valable ou sans l'afficher dans le bail s'expose à une sanction. Le locataire peut alors demander une baisse de loyer avec un effet rétroactif.
Pourquoi les passoires thermiques (DPE F et G) sont exclues du complément
Un logement classé F ou G au DPE ne peut pas bénéficier d'un complément de loyer. Cette règle, issue de la loi Élan et confirmée par la loi Climat et Résilience, s'applique à tous les baux conclus ou renouvelés dans les zones soumises à l'encadrement. Notez que même une terrasse exceptionnelle ou une vue panoramique ne justifie pas un complément si le DPE est insuffisant.
Sanctions et risques : ce que le propriétaire doit absolument éviter
L'encadrement des loyers est une obligation légale contraignante, et l'ignorance de la réglementation n'est pas une circonstance atténuante. En tant que propriétaire, vous êtes supposé connaître les règles applicables dans la commune où se trouve votre logement.
Les amendes administratives
N'oubliez pas que l'amende maximale est de 5 000 € pour un propriétaire particulier. Ce montant peut augmenter jusqu'à 15 000 € pour une société (SCI, etc.). Ces amendes sont prononcées par le préfet de département à l'issue d'un signalement ou d'un contrôle. L'autorité dispose de 2 mois pour notifier la mise en demeure après constatation de l'infraction. Si le propriétaire ne régularise pas, l'amende peut être appliquée. Depuis 2024, les plateformes de location sont elles-mêmes soumises à des obligations de contrôle.
L'action en diminution de loyer par le locataire
Outre l'amende administrative, le locataire dispose d'une voie de recours spécifique. S'il estime que le loyer fixé dans son bail dépasse le loyer de référence majoré, il peut engager une procédure en plusieurs étapes.
Courrier recommandé au bailleur
Le locataire adresse un courrier de contestation motivé à son propriétaire dans un délai de 3 mois à compter de la signature du bail. Ce courrier doit mentionner le montant contesté et les références légales applicables.
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Saisine de la Commission Départementale de Conciliation (CDC)
En l'absence d'accord amiable dans un délai de 4 mois après l'envoi du courrier, le locataire saisit la CDC. Cette commission a un rôle de conciliation entre les parties et rend un avis consultatif dans un délai légal. La saisine de la CDC est obligatoire avant tout recours judiciaire dans ce type de litige.
Recours devant le juge des contentieux de la protection
Si la conciliation échoue ou si les pièces transmises par le bailleur sont jugées insuffisantes, le locataire peut saisir le juge. Ce dernier peut ordonner une diminution du loyer avec effet rétroactif à la date de saisine de la CDC. Cette commission va aussi condamner le propriétaire à rembourser le trop-perçu.

L'impact du DPE 2026 sur votre loyer : une donnée incontournable
La corrélation entre la performance énergétique d'un logement et les droits de l'investisseur est devenue un élément central. Les propriétaires qui ont tardé à rénover leurs biens se retrouvent face à une double contrainte.
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Classe DPE |
Loyer possible en zone encadrée |
Complément de loyer possible ? |
Statut locatif 2025-2028 |
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🟢 A, B, C |
Jusqu'au loyer de référence majoré |
✓ Oui |
Louable sans restriction |
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🟡 D, E |
Jusqu'au loyer de référence majoré |
✓ Oui |
Louable sans restriction |
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🟠 F |
Loyer de référence majoré uniquement |
✗ Non |
Gel du loyer, interdiction de location dès 2028 |
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🔴 G |
Loyer de référence majoré uniquement |
✗ Non |
Interdiction de louer depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 |
Sources : Loi Climat et Résilience, ADEME, Ministère de la Transition Écologique
Si votre logement est classé G, il est théoriquement interdit à la location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Si vous n'avez pas encore procédé aux travaux de rénovation, vous vous exposez à une mise en conformité forcée. Vous allez aussi vous retrouver avec une impossibilité légale de louer votre bien. La classe F suit le même chemin dès 2028. Agir dès maintenant permet non seulement de rester dans la légalité, mais aussi de débloquer le droit au complément de loyer.
✅ Rénover un bien classé F ou G avant 2028 ne représente pas seulement une obligation légale. C'est une opportunité de revaloriser votre patrimoine et d'accéder au complément de loyer. Notez aussi la possibilité de réduire la vacance locative dans un contexte où les locataires sont de plus en plus attentifs à la consommation énergétique.
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L'encadrement des loyers en 2026 : une contrainte, une opportunité
L'encadrement des loyers est souvent perçu comme une contrainte. Pourtant, pour un propriétaire bailleur bien informé et bien accompagné, il constitue aussi un cadre de confiance. Cela représente un investissement locatif transparent, durable et pérenne. En 2026, avec l'arrivée de Marseille, Cergy et d'autres métropoles dans le dispositif, la maîtrise de ces règles n'est plus optionnelle.
En comprenant le mécanisme du loyer de référence majoré et en exploitant légalement le complément de loyer. Vous allez transformer la conformité en avantage compétitif. Il faudrait aussi anticiper les impacts du DPE et rester vigilant sur les conditions de la CDC. Et si vous préférez déléguer cette expertise à des professionnels, NousGérons est là pour vous accompagner à chaque étape.
FAQ : questions fréquentes sur l'encadrement des loyers en 2026
Puis-je augmenter le loyer entre deux locataires en 2026 dans une zone encadrée ?
En principe, non. Dans une zone soumise à l'encadrement des loyers, le loyer fixé pour un nouveau locataire doit être identique à celui appliqué au précédent. Toutefois, il faut respecter le loyer de référence majoré. Des exceptions existent si vous avez réalisé des travaux d'amélioration représentant au moins 50 % du dernier loyer annuel. Cela est aussi valable si le loyer précédent était manifestement sous-évalué. Dans ce cas, une augmentation encadrée est possible lors de la signature d'un nouveau bail. Il faut pour cela informer le nouveau locataire dans le contrat.
Le bail mobilité est-il soumis à l'encadrement des loyers ?
Oui. Le bail mobilité est soumis à l'encadrement des loyers dans les zones où le dispositif s'applique. Le loyer de base ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré applicable aux logements meublés de même catégorie. Un complément de loyer reste possible sous les mêmes conditions que pour un bail meublé classique. Cela est possible à condition que le motif soit précisément mentionné dans le contrat dès la signature.
L'IRL s'applique-t-elle à tous les logements, même ceux non soumis à l'encadrement ?
Oui. L'Indice de Référence des Loyers (IRL) s'applique à l'ensemble des contrats de location d'habitation principale en France. Il constitue le plafond légal de révision annuelle du loyer, à condition que le bail comporte une clause de révision. En l'absence de cette clause, aucune révision n'est possible. L'IRL est publié chaque trimestre par l'INSEE et sa variation sur un an définit le pourcentage maximal d'augmentation applicable.