Procédure impayé loyer : comment faire pour réussir ?
Par Manuel RAVIER le 26 mars 2026Points clés
Lancer une procédure pour un impayé sur un loyer ne devrait poser aucun souci à un propriétaire bailleur bien préparé. Notez que ce genre de situation peut entrainer la désagréable conviction que vous avancez seul face à un système juridique opaque. Pour un propriétaire bailleur en France, vous savez que cette situation peut survenir même avec un locataire soigneusement sélectionné. En 2026, la procédure pour impayés de loyer a évolué depuis la révision portée par la loi Kasbarian-Bergé et ses décrets d'application.
Ainsi, il est primordial de vous informer sur les délais légaux et le rôle du commissaire de justice. Il est aussi important de bien noter vos droits en tant que bailleur si vous êtes face à une procédure d'impayé sur un loyer. Il ne faut rien laisser au hasard, de la première relance amiable jusqu'à l'expulsion du mauvais locataire. Avec l'accompagnement d'une agence comme NousGérons, vous profitez d'un service de qualité supérieure. Par ailleurs, vous avez toujours le temps de vous informer sur les principaux points concernant la procédure d'impayé sur le loyer.
La phase amiable et la mise en demeure (J+1 à J+30)
Avant toute procédure juridique, la loi impose de tenter un règlement amiable. Cette première étape est souvent négligée par les propriétaires, qui la perçoivent comme une formalité. Sachez dorénavant qu'un dossier sans trace écrite de relance amiable sera systématiquement fragilisé devant un juge.
L'importance de la trace écrite : du mail de relance au recommandé
Dès le 1ᵉʳ jour d'impayé, envoyez un message clair à votre locataire (e-mail, SMS, ou courrier simple). Cette première relance doit mentionner le montant exact du loyer dû, la date d'échéance dépassée et un délai raisonnable pour régulariser les choses. Conservez chaque échange pour servir de preuve.
Si le paiement n'arrive pas dans ce délai, passez à la mise en demeure officielle à l'aide d'un courrier recommandé avec accusé de réception. Ce document doit préciser le montant de la dette et les références du bail. Il doit aussi mentionner que l'absence de règlement dans un délai imparti vous contraint à engager une procédure. En droit locatif français, la mise en demeure est l'acte qui officialise votre démarche et constitue une pièce maîtresse de votre dossier.
💡 Conseil pratique : datez et archivez chaque communication. Un accusé de réception électronique, un horodatage de SMS ou un avis de passage peuvent faire toute la différence pendant l'audience. Le juge appréciera la rigueur de votre dossier.
Faire appel à la caution ou actionner l'assurance GLI : les délais de rigueur
Si votre locataire dispose d'une caution solidaire, contactez-la simultanément pour la mise en demeure. La loi ne vous oblige pas à attendre l'échec de la démarche principale. En revanche, si vous avez souscrit une Garantie Loyers Impayés (GLI), respectez impérativement les délais contractuels de déclaration de sinistre. Un retard de déclaration peut entraîner la déchéance de vos droits à indemnisation.
La Garantie Visale, proposée par Action Logement, suit un protocole similaire. La caution publique prend en charge les impayés sous conditions, mais exige une déclaration rapide et un dossier locataire éligible. Ces assurances sont des filets de sécurité précieux, à condition de les activer au bon moment et avec les bons justificatifs.

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L'intervention du Commissaire de Justice (ex-Huissier de Justice)
Si la phase amiable échoue, vous entrez dans la phase juridique préliminaire. L'acteur central de cette étape est le commissaire de justice depuis la fusion des professions en 2022. Son intervention est obligatoire et constitue le véritable point de départ du compte à rebours légal menant à l'expulsion.
Le commandement de payer : l'acte qui déclenche le compte à rebours légal
Le commandement de payer est un acte juridique formel, signifié par le commissaire de justice à votre locataire. Il liste l'ensemble de la dette locative et enjoint le locataire de régler sous un délai légal strictement défini. C'est à compter de la date de signification de ce commandement que courent les délais de procédure.
En 2026, selon les dispositions issues de la loi Kasbarian-Bergé, le commandement de payer fait référence à la clause résolutoire du bail. Cette clause prévoit la résiliation automatique du bail en cas de non-paiement du loyer dans le délai imparti. Sans clause résolutoire explicitement mentionnée dans votre contrat de bail, la résiliation n'est pas automatique. Vous devez alors solliciter le juge pour prononcer la résiliation.
Les nouveaux délais de la clause résolutoire en 2026
C'est l'une des évolutions les plus significatives pour les propriétaires bailleurs. La révision a réduit certains délais de grâce accordés au locataire après la signification du commandement de payer. Voici une comparaison des anciens et nouveaux délais :
|
Acte / Étape |
Délai avant réforme |
Délai en 2026 |
Impact pour le bailleur |
|
Délai de réponse au commandement de payer |
2 mois |
6 semaines |
+Favorable |
|
Délai entre commandement et assignation |
2 mois |
Possible dès 6 semaines |
+Favorable |
|
Délai d'octroi de délais de grâce par le juge |
Jusqu'à 3 ans |
Plafonné à 1 an (cas limités) |
+Favorable |
|
Délai entre jugement et expulsion (hors trêve) |
2 mois |
2 mois (inchangé) |
Neutre |
|
Trêve hivernale (suspension des expulsions) |
1er novembre au 31 mars |
1er novembre au 31 mars |
Neutre |
|
Délai d'expulsion pour squat (non locataire) |
Procédure civile longue |
Procédure accélérée (72h en flagrant délit) |
+Très favorable |
Sources : Loi Kasbarian-Bergé, décrets d'application 2024-2025, Ministère de la Justice, service-public.fr
👉️ Ces nouveaux délais constituent une avancée significative pour le droit des propriétaires. La justice reconnaît désormais plus explicitement l'impact économique des impayés sur les investisseurs qui ont engagé leur capital dans le parc locatif privé.
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La phase judiciaire et l'expulsion
Si le locataire ne règle pas sa dette malgré le commandement de payer. Vous pouvez faire appel à votre avocat pour saisir la juridiction compétente. C'est le début de la phase juridique, la plus formelle et souvent la plus stressante pour les bailleurs.
L'audience devant le Juge des Contentieux de la Protection (JCP)
Depuis la révision de l'organisation juridique de 2019, c'est le Juge des Contentieux de la Protection (JCP) qui est compétent pour statuer sur les litiges locatifs. Cela est valable pour les procédures d'expulsion pour impayés. L'assignation est délivrée par le commissaire de justice à votre locataire, avec convocation à l'audience.
Lors de cette audience, le juge examine l'ensemble du dossier. Il prend note de différents points comme le montant de la dette, le respect des délais, la situation sociale du locataire… Le juge peut alors prononcer la résiliation du bail et l'expulsion du locataire.
Il pourrait aussi imposer un plan d'apurement de la dette (délais de paiement échelonnés). À cela s'ajoutent les délais de grâce désormais plus limités depuis la révision. Le juge peut aussi rejeter votre demande si le dossier est incomplet ou irrecevable.
La présence d'un avocat n'est pas obligatoire pour les litiges inférieurs à un certain seuil, mais elle est fortement recommandée. Un professionnel du droit locatif maîtrise les arguments susceptibles d'écarter les délais de grâce.
🚫 Ce qu'il ne faut jamais faire : couper l'électricité, l'eau ou le gaz à votre locataire ou changer les serrures. Évitez aussi de vous introduire dans le logement ou d'exercer toute forme de pression physique ou psychologique.
Le concours de la force publique : ce qui a changé pour les propriétaires
Une fois le jugement d'expulsion obtenu, le commissaire de justice signifie un commandement de quitter les lieux au locataire. Ce dernier dispose alors d'un délai légal pour partir volontairement. En cas d'ignorance, vous pouvez solliciter le concours de la force publique auprès du préfet comme l'intervention des services de police ou de gendarmerie.
La révision de 2026 a accéléré les délais de réponse préfectorale au refus de concours. Elle renforce aussi les obligations de l'État en matière d'indemnisation du propriétaire en cas de refus prolongé. Si le préfet refuse l'intervention, l'État doit indemniser le bailleur pour le préjudice subi. Cela doit se faire conformément au droit à la propriété garanti par la Constitution et la Convention européenne des droits de l'homme.
La trêve hivernale reste en vigueur du 1ᵉʳ novembre au 31 mars. Pendant cette période, aucune expulsion ne peut être exécutée, sauf exceptions légales strictes. Il est donc stratégiquement crucial d'engager votre procédure au plus tôt pour éviter d'être bloqué par cette période d'hivernage judiciaire.

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Ce que le dispositif Kasbarian-Bergé change concrètement pour vous en 2026
La loi Kasbarian-Bergé, adoptée en 2023 et dont les décrets d'application ont progressivement renforcé la portée en 2024-2025. Le texte constitue la révision la plus significative du droit locatif depuis la loi ALUR. Effectivement, le dispositif modifie plusieurs points essentiels qui touchent directement les propriétaires bailleurs face aux impayés.
Les principales avancées pour les bailleurs :
- Réduction du délai de la clause résolutoire après commandement de payer (passé de 2 mois à 6 semaines) ;
- Limitation des délais de grâce accordés par le juge, désormais encadrés plus strictement ;
- Accélération de la procédure d'expulsion pour les squatteurs (avec une procédure d'urgence distincte de la procédure locative classique) ;
- Renforcement de l'obligation d'indemnisation de l'État en cas d'ignorance de concours de la force publique ;
- Élargissement des cas d'expulsion exécutables pendant la trêve hivernale (violences, dangers graves).
Il convient cependant de distinguer clairement deux situations :
|
Critère |
Impayé de loyer (locataire régulier) |
Squat (occupation sans droit ni titre) |
|
Fondement juridique |
Inexécution du bail, droit locatif |
Violation de domicile, droit pénal |
|
Procédure applicable |
Commandement de payer → JCP |
Procédure d'urgence (72h si flagrant délit) |
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Durée moyenne 2026 |
4 à 12 mois |
72h à quelques semaines |
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Rôle de la trêve hivernale |
Suspension totale sauf exceptions |
Non applicable (occupation illicite) |
|
Recours en cas d'expulsion refusée |
Indemnisation État (refus de concours) |
Voie pénale accélérée |
Sources : Loi Kasbarian-Bergé, Code des procédures civiles d'exécution, service-public.fr
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Agir vite, agir bien, ou déléguer à des professionnels
Face aux impayés de loyer en 2026, il n'y a pas de place pour l'hésitation. Chaque semaine d'inaction aggrave votre état juridique, alourdit votre dette de procédure et réduit vos chances de récupérer les sommes dues. La procédure légale est un chemin balisé. Mais c'est un chemin qui exige rigueur, précision et connaissance du droit.
La réforme Kasbarian-Bergé a amélioré les délais, renforcé vos droits et clarifié les obligations de l'État. Mais elle n'a pas simplifié la procédure pour autant. Les commissaires de justice, les avocats, les juges et les préfets restent des interlocuteurs incontournables.
La question n'est donc plus "comment gérer un impayé" mais "comment ne jamais avoir à le gérer". La réponse tient en trois mots : prévention, assurance, délégation. Un locataire rigoureusement sélectionné, un bail bien rédigé avec clause résolutoire, une GLI adaptée et une gestion locative professionnelle. Voilà les quatre piliers d'un investissement locatif serein et rentable en 2026. Chez une agence comme NousGérons, votre placement sera en sécurité tout comme votre patrimoine.
Questions fréquentes sur les impayés de loyer
Combien de temps dure une procédure d'expulsion pour impayé en 2026 ?
En 2026, une procédure d'expulsion pour loyer impayé dure en moyenne 4 à 12 mois. Cela dépend de la réactivité du propriétaire, de la charge du tribunal saisi et le profil du locataire. Grâce aux délais réduits par la loi Kasbarian-Bergé, les procédures engagées dès le premier impayé peuvent aboutir à un jugement en 3 à 4 mois. En cas d'audience renvoyée ou de délais de grâce accordés par le juge, la procédure peut s'étaler jusqu'à 18 mois ou plus. La trêve hivernale peut également suspendre l'exécution de l'expulsion, allongeant d'autant la durée totale.
Peut-on activer la GLI si on a oublié de déclarer l'impayé dans les délais ?
Non, en principe. La GLI est un contrat d'assurance soumis à des délais de déclaration stricts. Ceux-ci sont généralement fixés à 30 jours à compter du 1ᵉʳ loyer impayé. Un retard de déclaration peut entraîner la déchéance partielle ou totale de votre droit à indemnisation. Toutefois, certains assureurs prévoient des clauses de tolérance en cas de bonne foi démontrée. En cas de doute, consultez rapidement votre assureur ou un professionnel de la gestion locative.
Un propriétaire peut-il expulser son locataire pendant la trêve hivernale ?
En règle générale, la trêve hivernale, du 1ᵉʳ novembre au 31 mars, interdit l'exécution des expulsions. Mais il existe des exceptions légales prévues par le Code des procédures civiles d'exécution, maintenues et précisées par la révision 2026. Cela concerne par exemple un logement impropre à l'habitation, ou un danger grave pour le locataire ou les tiers… Pour les locataires en impayé régulier, la trêve hivernale s'applique pleinement. Il est donc essentiel d'engager votre procédure suffisamment tôt pour obtenir un jugement et une expulsion effective avant le 1ᵉʳ novembre.
Quelle est la différence entre une injonction de payer et un commandement de payer ?
L'injonction de payer est une procédure simplifiée adressée au juge. Elle permet d'obtenir un titre exécutoire sans audience contradictoire, pour les dettes non contestées. Elle est adaptée aux créances certaines et peu élevées, mais peu utilisée en contentieux locatif car le locataire peut facilement former opposition. Le commandement de payer, délivré par le commissaire de justice, est en revanche spécifique aux procédures locatives. Il active la clause résolutoire du bail et constitue le préalable obligatoire à toute assignation en justice pour impayé de loyer. En 2026, le commandement de payer reste l'outil de référence pour les bailleurs souhaitant engager une procédure d'expulsion.