Commissaire de justice : son rôle dans un investissement locatif
Mis à jour par Manuel RAVIER le 09 octobre 2026Points clés
- Les essentiels à retenir
- C'est qui un commissaire de justice en général ?
- Propriétaires : quand faire appel à une commissaire pour sécuriser votre investissement ?
- Combien coûte l'accompagnement d'un commissaire de justice en gestion locative ?
- Simplifiez vos démarches légales avec une agence spécialisée
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2022, le commissaire de justice remplace l'huissier de justice et le commissaire-priseur judiciaire au sein d'une seule profession. Il signifie les actes, dresse les constats et exécute les décisions de justice. En cas d'impayé, le commandement de payer ouvre un délai de 6 semaines. Les expulsions sont suspendues du 1ᵉʳ novembre au 31 mars (trêve hivernale).
Le commissaire de justice joue un rôle essentiel dans la sécurisation d’un investissement locatif, surtout en cas de litige. Un loyer impayé, un état des lieux contesté ou un locataire qui refuse de quitter les lieux peuvent fragiliser votre rentabilité. Anticiper ces risques permet de protéger votre patrimoine et de limiter les conséquences financières d’un conflit.
En 2026, la profession compte 2 208 offices en France, selon la Chambre nationale des commissaires de justice. En 2024, elle a réalisé près de 8,4 millions d’actes et généré un chiffre d’affaires supérieur à 1,4 milliard d’euros. Ces trois indicateurs illustrent l’importance de cette profession dans la sécurisation des relations juridiques, notamment entre bailleurs et locataires.
Concrètement, quand faut-il solliciter un commissaire de justice pour un investissement locatif ? Quel est son rôle dans un constat, l'encaissement des loyers impayés ou une expulsion ? Quels frais prévoir et quelles démarches respecter ? Comprendre ses missions vous aide à agir au bon moment, sans commettre d’erreur juridique coûteuse. Avec NousGérons, les propriétaires ont droit à un accompagnement complet de la part d'un commissaire de justice. Vous allez alors contribuer à la préservation de vos revenus et à la sécurité de votre investissement.
Les essentiels à retenir
- Le commissaire de justice est un acteur clé de la sécurité juridique : depuis le 1ᵉʳ juillet 2022, il remplace l’huissier de justice et le commissaire-priseur judiciaire.
- Il protège les propriétaires en cas de litige locatif : son intervention est particulièrement utile lors d’un état des lieux de sortie conflictuel, de dégradations, de nuisances ou de loyers impayés.
- Les loyers impayés nécessitent une réaction rapide et encadrée : après les démarches amiables, le commissaire peut délivrer un commandement de payer. Le locataire dispose de 6 semaines pour régler sa dette avant la poursuite de la voie juridique.
- L’expulsion obéit à des règles strictes : elle nécessite le respect des étapes légales et un verdict de justice. Le commandement de quitter les lieux ouvre généralement un délai de deux mois. La trêve hivernale, du 1ᵉʳ novembre au 31 mars, suspend les expulsions.
- Les frais et la gestion locative doivent être anticipés : certains actes sont soumis à des tarifs réglementés et d’autres prestations sont facturées à honoraires libres. Un devis préalable, une Garantie Loyers Impayés (GLI) adaptée et l’accompagnement d’une agence spécialisée permettent de mieux maîtriser les risques.
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C'est qui un commissaire de justice en général ?
Le commissaire de justice est un officier public et ministériel nommé par le garde des Sceaux. Cette profession est née de la fusion des huissiers de justice et des commissaires-priseurs judiciaires. L'expert signe les actes, établit des constats, recouvre des créances et exécute les décisions de justice sur tout le territoire national.
Il est plus avisé de définir le métier de commissaire de justice avant d'entrer en contact avec ce dernier. Ainsi, vous ne risquez de vous confier à n'importe qui pendant votre investissement.
La fin définitive du terme « huissier de justice »
La réforme est entrée en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2022. L'huissier de justice et le commissaire-priseur judiciaire ont fusionné dans une profession unique pour devenir commissaire de justice. Le terme « huissier » n'a plus de valeur officielle, même si beaucoup de propriétaires l'emploient encore par habitude. Dans la pratique, vous pouvez rencontrer les deux expressions, mais seule la seconde figure dans les textes.
Cette évolution du statut vise à offrir un interlocuteur unique pour la signification, le constat, le recouvrement et la vente aux enchères. Elle simplifie la vie du bailleur, qui n'a plus à distinguer les métiers d'hier. Toutefois, la profession reste organisée autour de la Chambre nationale des commissaires de justice qui représente les commissaires au niveau national. Au niveau régional, des chambres régionales relaient cette autorité auprès des offices locaux. Vous trouverez l'annuaire officiel des commissaires sur le site de la Chambre nationale.
Un statut, une formation, un métier exigeant
Devenir commissaire de justice suppose un parcours long. Après le bac, il faut en principe un master en droit, puis une formation professionnelle et un examen d'accès. Il faut prêter serment à la fin de la formation et attendre une nomination. Cette formation garantit un haut niveau de compétences juridiques, mais aussi une réelle pratique du terrain. Un professionnel doit savoir mener un constat, gérer un conflit et parler à un occupant fragilisé.
Ses prérogatives légales exclusives
Le code des procédures civiles d'application et les textes qui encadrent la profession réservent au commissaire de justice plusieurs missions :
- La signification des actes : commandement de payer, assignation, congé, verdict de justice. La date de signification fait courir les délais légaux.
- L'application des décisions : saisie, commandement de quitter les lieux, demande de concours de la force publique.
- Le constat : description objective d'une situation, qui a une valeur probante forte devant le tribunal judiciaire.
- Le recouvrement amiable ou judiciaire des créances, dont les loyers impayés.
À côté de ces missions historiques, le commissaire intervient aussi dans la prévention des conflits de voisinage. L'accompagnement concerne aussi les ventes judiciaires.

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Propriétaires : quand faire appel à une commissaire pour sécuriser votre investissement ?
Un propriétaire doit solliciter un commissaire de justice dans trois situations : état des lieux de sortie conflictuel, loyers impayés et refus du locataire de quitter le logement. Dans chaque cas, son intervention donne une force juridique à votre démarche et protège votre dossier devant le juge.
Un propriétaire ne doit pas attendre longtemps pour faire appel à un commissaire de justice. Toutefois, cela ne veut pas dire que vous allez vous précipiter à solliciter son intervention.
L'état des lieux de sortie conflictuel (le constat locatif)
L'état des lieux contradictoire, signé par les deux parties, reste la règle. Mais lorsque le locataire est absent, refuse de signer ou conteste, le constat dressé par un commissaire de justice devient votre meilleure preuve. La loi du 6 juillet 1989 prévoit que, si l'état des lieux ne peut être établi amiablement, il l'est par un commissaire de justice. Les frais sont généralement partagés par moitié entre bailleur et locataire, dans les conditions fixées par la réglementation.
Le bailleur doit alors informer l'autre partie, par lettre recommandée, au moins sept jours à l'avance. Sur le terrain, c'est souvent là que se joue la restitution du dépôt de garantie. Un constat daté, détaillé, photographié évite des mois de discussions. Gardez systématiquement l'état des lieux d'entrée, car sans lui, même le meilleur constat de sortie perd de sa portée.
Le recouvrement des loyers impayés et la GLI
Un impayé laissé sans réponse s'aggrave, et le recours à la voie légale devient plus long. Le recouvrement commence en général à l'amiable avec une relance, une mise en demeure et une proposition d'échéancier. Si le locataire ne réagit pas, le commissaire de justice délivre un commandement de payer. Si votre bail comporte une clause résolutoire, ce commandement laisse au locataire un délai de 6 semaines pour régler sa dette. Passé ce délai, le bail peut être résilié par le juge.
La Garantie Loyers Impayés (GLI) indemnise le bailleur et prend souvent en charge tout ou partie des frais de procédure et des honoraires du commissaire. Elle suppose la sélection du dossier du locataire, la déclaration rapide du sinistre et les pièces à jour. Un défaut de rigueur peut faire perdre le bénéfice du contrat.
La procédure d'expulsion
L'expulsion est toujours le dernier recours. Elle obéit à un calendrier strict, que nul ne peut raccourcir, pas même le bailleur le plus pressé :
- Relance et mise en demeure : tentative de procédé amiable, éventuellement avec saisine de la CCAPEX ou d'un conciliateur.
- Commandement de payer signifié par le commissaire de justice, avec délai de 6 semaines.
- Assignation devant le tribunal judiciaire (juge des contentieux de la protection), signifiée au locataire et notifiée au préfet pour permettre l'examen de la situation sociale.
- Audience et verdict de justice : le juge constate la résiliation, peut accorder des délais de paiement et fixer l'expulsion.
- Signification du jugement puis commandement de quitter les lieux, qui ouvre en principe un délai de 2 mois.
- Demande de concours de la force publique auprès du préfet, qui dispose de deux mois pour répondre.
- Application de l'expulsion par le commissaire de justice, hors trêve hivernale.
La trêve hivernale s'étend du 1er novembre au 31 mars et aucune expulsion ne peut avoir lieu sur cette période. La seule exception concerne une occupation par voie de fait.
Combien coûte l'accompagnement d'un commissaire de justice en gestion locative ?
Les actes de signification et de recouvrement relèvent d'un tarif réglementé fixé par le code de commerce. Certains constats et prestations de conseil sont à honoraires libres. Pour un acte courant, comptez de quelques dizaines à quelques centaines d'euros, plus des frais de déplacement et la TVA.
Il faut prendre note du coût de prestation appliqué par le commissaire que vous envisagez d’engager. Cela vous évitera de mauvaises surprises.
Actes tarifés (réglementés) vs honoraires libres
La rémunération des commissaires de justice est encadrée par le Code de commerce (livre IV, articles L. 444-1 et suivants). Les actes qui relèvent du monopole sont facturés selon un barème national, révisé régulièrement. À côté, certaines missions, comme les constats hors cadre réglementé ou le conseil, donnent lieu à des honoraires libres. Un devis détaillé est la meilleure protection.
Répartition des frais entre bailleur et locataire
Le bailleur avance les frais des actes qu'il engage, mais ceux-ci peuvent être récupérés auprès du locataire défaillant. Il suffit que le juge condamne ce dernier aux dépens ou au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Le tableau suivant résume la logique habituelle.
|
Acte |
À la charge du bailleur |
À la charge du locataire |
|
État des lieux d'entrée ou de sortie par commissaire de justice |
Moitié des frais |
Moitié des frais |
|
Constat unilatéral (dégradations, abandon, nuisances) |
Oui, en principe |
Récupérable si le juge l'ordonne |
|
Commandement de payer (clause résolutoire) |
Avance des frais |
Remboursement possible en cas de condamnation |
|
Signification de congé (vente ou reprise) |
Oui |
Non |
|
Assignation et signification du jugement |
Avance des frais |
Dépens mis à la charge du locataire si condamnation |
|
Commandement de quitter les lieux et expulsion |
Avance des frais |
Récupérables selon la décision du juge |
Sources : loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (art. 3-2, 24) ; code des procédures civiles d'exécution ; code de commerce, livre IV, art. L. 444-1 et s. ; Service-Public.fr, fiches « État des lieux » et « Expulsion d'un locataire » ; Chambre nationale des commissaires de justice

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Simplifiez vos démarches légales avec une agence spécialisée
Une agence spécialisée peut agir comme un bouclier grâce à ses différents services comme le choix de locataires, le suivi des paiements... Le propriétaire garde le rendement, sans la charge mentale du contentieux. La meilleure gestion locative est celle dont on ne remarque rien tant que tout va bien. Concrètement, une agence fiable assure les prestations suivantes :
- Sélectionne les candidats locataires avec une vérification complète des pièces ;
- Suit chaque loyer et déclenche la relance amiable dès le premier retard ;
- Mobilise un commissaire de justice partenaire pour le constat, le commandement ou l'assignation ;
- Coordonne la GLI, l'avocat et le suivi de la situation jusqu'à l'exécution ;
- Respecte les droits du locataire à chaque étape, car un dossier mené loyalement est aussi un dossier plus solide devant le juge.
Sécurisez votre investissement, respectez le droit, gardez l'esprit libre
Le commissaire de justice n'est ni un épouvantail pour le locataire ni une baguette magique pour le bailleur. C'est le garant d'une pratique équilibrée, qui protège la propriété et les droits de chacun. Connaître son rôle, ses missions et ses tarifs vous permet d'anticiper, de choisir la voie amiable chaque fois que c'est possible et de recourir à la justice au bon moment.
NousGérons vous accompagne à chaque étape comme la sélection, le suivi et l'encaissement. À cela s'ajoutent la coordination avec les commissaires de justice et le respect scrupuleux de la loi. Contactez nos experts pour une étude gratuite de votre projet et prévenir les loyers impayés. Vous allez pouvoir investir en toute tranquillité.
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FAQ
Tout dépend de l'acte. L'état des lieux dressé par un commissaire est partagé par moitié entre bailleur et locataire. Pour l'encaissement ou l'expulsion, le bailleur avance les frais, qui peuvent être mis à la charge du locataire par le juge. La GLI peut aussi en couvrir une partie.
Le commissaire se rend sur place à la date convenue, après information des parties par lettre recommandée. Il décrit pièce par pièce l'état du logement, prend des photos et rédige un procès-verbal daté et signé. Ce constat a une forte valeur probante devant le juge. Il sert notamment à justifier une retenue sur le dépôt de garantie.
Elle débute par une relance amiable, puis un commandement de payer signifié par le commissaire de justice, avec un délai de 6 semaines. En l'absence de règle précise, le bailleur assigne le locataire devant le tribunal judiciaire. Le juge peut accorder des délais ou prononcer la résiliation du bail. L'expulsion n'intervient qu'en dernier recours, jamais pendant la trêve hivernale.
Le locataire peut régler sa dette dans le délai ou négocier un échéancier avec le bailleur. Il peut aussi saisir le juge pour obtenir des délais de paiement pouvant atteindre trois ans. Il peut contester les sommes réclamées et solliciter l'aide juridictionnelle. Les services sociaux, la CAF et le FSL peuvent l'accompagner. Répondre vite est toujours la meilleure option.
Le calendrier légal additionne plusieurs délais. C'est 6 semaines après le commandement de payer. Le temps de l'audience est de 2 mois après le commandement de quitter les lieux, puis jusqu'à 2 mois pour le verdict du préfet. Dans les grandes villes comme Paris, la durée réelle dépasse souvent un an. La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, peut encore la prolonger.